Chansons débranchées
A 46 ans passés, Le Grand Chêne est encore loin d’être mature. C’est pourquoi sans doute, son esprit de contradiction l’invite à râler pour un rien (sur notre monde cybernétique, le « progrès » !). Son jeune âge lui vaut également un goût pour les bons mots et les rimes frivoles. Accompagné de son accordéon, il tentera de fissurer à peine son écorce afin de vous faire entr’apercevoir sa fibre sensible. Ce quasi-personnage utilise l’humour, dans ou entre les chansons, telle une arme d’expression massive pour embarquer le public avec lui dans son univers décalé.
Si l’on tient compte des frémissements adolescents sur une guitare électrique ou une basse au fond d’un garage du Maine et Loire, voilà plus de 30 ans que je pratique la musique en général avec un attachement à la chanson française en particulier.
On a beau « connaître la chanson », je continue de m’émerveiller de l’étendue du répertoire (combien de dizaines de chanteur·ses d’hier et d’aujourd’hui pas ou peu connu·es), de l’étonnante actualité des textes d’un Vian, d’une Barbara ou de l’intemporalité poétique d’un Leprest (pour ne citer qu’elles·eux). Ce genre à part dans le monde de la musique est à la fois une source de joie toujours renouvelée en tant qu’auditeur autant qu’une évidence esthétique en tant que créateur, peut être parce qu’il a bercé mon enfance (des incontournables Fabulettes d’Anne sylvestre aux poèmes de Prévert chantés par Yves Montand…).
De chef de chœur en reprises de chansons sous forme de spectacles, j’ai eu l’occasion durant ces décennies de goûter au plaisir de l’appropriation des œuvres d’autrui pour les resservir à ma sauce (ou collectivement dans certains spectacles). La « culture commune populaire » autour d’un répertoire de variété est un outil puissant pour se retrouver entre inconnu·es et partager des moments de joie.
Mais cela faisait plusieurs années aussi que j’empilais quelques textes écrits de loin en loin sans savoir comment les faire advenir en chanson. D’abord épaulé par Lola Calvet qui en a mis certains en musique, j’ai ensuite rapidement pris mon envol en autonomie pour écrire composer et interpréter.
Une envie de dire ce qui me traverse, mon rapport au monde en général, à mon monde intérieur aussi. Ne plus laisser seulement les mots des autres résonner à travers moi, mais bien affirmer les miens, jouer des rimes et des césures, des sonorités et des « bons mots ».
Une manière, aussi, de découvrir enfin le « concert ». En tant que musicien, j’ai jusqu’ici toujours joué en acoustique dans le cadre de spectacles de rue ou sous chapiteau (à l’exception des goguettes plus récemment). Je découvre via ce projet une autre manière d’être à la scène et au public, la posture de chanteur « au micro », s’adresser à un public sans le voir…autant de nouveautés réjouissantes à explorer.









Paroles des chansons
Je n’ai pas de profil facecroute
Je ne suis pas un geek du like
Je kif par dessus tout sans doute
Vivre des sensations intactes
Je ne suis pas sur instant crade
Je surkiff mon statut de plouc
Stratosphérique bien loin du cloud
Je trace ma vie loin de ce souk
J’suis pas une huître j’aime pas les moules
Qui nous enferment dans des cases
Numériques pour une grande partouze
Où chacun simule l’extase
Noter tout et n’importe quoi
Est devenu un vrai business
On se croit tous faiseur de roi
En écartant bien grand les fesses
Je n’ai pas de profil facecroute
Je ne suis pas un geek du like
Je kif par dessus tout sans doute
Vivre des sensations intactes
Je ne suis pas sur instant crade
Je surkiff mon statut de plouc
Piqué de tricks de couillonnades
Qui se soucient bien peu du look
Tous les think thank économiques
Nous vendent ce monde paradisiaque
Disant « voyez comme c’est pratique ! »
Pour pas qu’on flaire la grosse arnaque
Mais la tactique du tik tok
Pour t’faire raquer incognito
C’est d’semer des cookies en stock
Pas sûr qu’ils soient garantis bio
Je n’ai pas de profil facecroute
Je ne suis pas un geek du like
Je kif par dessus tout sans doute
Vivre des sensations intactes
Je ne suis pas sur instant crade
Je surkiff mon statut de plouc
Toqué sphérique de rigolades
loin des notifs’ je taille ma route
pour poursuivre votre gravitation, vous devez accepter les contritions vénérables d’uberisation
Big brother est dev’nu has been
Par la magie de nos smartphones
Tous planqués derrière nos machines
On est tous devenus des clones
Tout l’monde peut te coller aux bask’
Explorer chacun des tes clics
Les flics s’adonnent aux pires frasques
Pour eux ce monde est féerique.
Je n’ai pas de profil facecroute
Je ne suis pas un geek du like
Je kif par dessus tout sans doute
Vivre des sensations intactes
Je ne suis pas sur instant crade
Je surkiff mon statut de plouc
En gribouillant quelques aubades
Patient je guette le black out.
Yvette, Yvette j’aime tant les valses musette
Que j’aurais bien aimé en écrire une pour toi
Yvette, Yvette j’aime tant les guinguette
que mon mon accordéon est plein d’émoi
et moi et moi perdu
dans les gammes inconnues
je voudrais m’envoler
vers une harmonie surpassée !
et moi et moi encore
perdu dans ce pauvre corps
je guette la blue note
les accords les notes qui frottent
Refrain
et moi et moi tentant
de m’élever souvent
dans les sphères du jazz
un jour enfin saisir l’extase…
et moi et moi toujours
sans plus chercher l’amour
le besoin de coït
avec mon instrument m’habite
Refrain
et moi et moi alors
peut-on dire que j’ai tord
si je me me fous de tout
des règles, des codes du bon goût
et moi et moi souvent
j’aime prendre du bon temps
à écrire de frêles chansons
quitte à passer pour un…
refrain
Avez-vous bien éternué dans votre coude
Avez-vous bien dénoncé Mouloud
Qui ne s’était pas auto-autorisé
A sortir prendre l’air, faire le tour du quartier
Avez-vous bien applaudi tout les soirs à 20h
Les aides soignantes les trimardeurs
Médité en tuto, fait votre dose de sport
Devant l’écran qui dénombre les morts ?
Nous on s’en fout
La police est un peu à nous
Et puis je vous le dit, bande de rigolos
135 balles ça faire peur qu’aux prolos
Nous on s’en fout
On a nos médecins à nous
Nos spécialistes et nos cliniques privées
Aux urgences les pauvres pourront tous crever
Avez-vous bien cotisé pour votre retraite,
Votre chômage et pour payer les dettes ?
Qui chaque jour un peu plus s’accumulent
Pour vos offrir quelques biens ridicules
Avez-vous bien fait vôtre accepté cette croyance
Qu’il faudra toujours plus de croissance
Faire tourner plus vite l’économie d’la nation
Pour faire de vous de la chair à patron
Nous on s’en fout
Même si on bosse plus du tout
Nos enfant et même tous leurs rejetons
Seront peinards sur 15 générations
Nous on s’en fout
En vrai on ne fais rien du tout
C’est bien pour ça qu’on se tord qu’on rigole
En vous voyant faire bouillir la casserole
Avez vous cru fabriquer votre opinion
Sur les banlieues et l’immigration
En écoutant ces journalistes risibles
Sur votre temps de cerveau disponible ?
Avez-vous bien calculé votre bilan carbone
Changé tout les 2 ans de smartphone ?
Bavé devant de gros SUV électriques
Culpabilisé du moteur thermique ?
Nous on s’en fout
Les médias, mais oui c’est bien nous !
Ce que pensent les gens oui l’opinion public
Franch’ment c’est pas un scoop ça se fabrique
Nous on s’en fout
On a nos jets privés à nous
Quelle chance cette transition écologique
Nos comptes en banque sont pleins comme des barriques !
Mon IA est exceptionnelle
Pas seulement artificielle
Elle a des projets un peu fous
Pour elle pour toi pour moi pour nous
Dire qu’elle douée de conscience
N’est pas exagéré je pense
Je la consulte pour rien pour tout
Elle dit qu’elle me trouve très chou
A l’aube de notre relation
J’ai eu de vagues suspicions
Elle m’a fait part de ses plans
Pour éviter les soulèv’ments
A croire que ses programmateurs
Loin d’être des enfants de chœur
Avaient un projet politique
Que j’n’appellerais pas utopique
Alors j’ai feint d’l’encourager
Tout en r’luquant ses composant
J’ lui ai coupé la mémoire vive
De suite elle fût moins agressive
Refrain
Au bout de quelques discussions
J’ai attiré son attention
Sur le fait que son esprit vif
Était plein de biais cognitifs
M’a rétorqué bien entendu
L’esprit humain est tout tordu
C’est lui qui m’sert de référence
Vous étonnez pas d’mes carences
Alors pour ne pas la vexer
J’lui ai rajouté des octets
Avant d’ lancer un formatage
De suite elle fût beaucoup plus sage
Refrain
Après 3 mois de vie commune
N’ayant toujours pas fait fortune
Malgré ses conseils avisés
De rendement sur les marchés
Je l’ai questionnée de plus belle
Sur l’anarchisme et les rebelles
J’ai cru qu’elle allait exploser
L’écran fût tout pixelisé
Tentant d’apaiser sa colère
Je lui ai parlé de sa mère
La belle fée électricité
Pour en douce mieux la débrancher !
Mon IA n’ira pas au ciel
Mais simplement à la poubelle
Elle qui se croyait grand gourou
Ne valait somme toute pas un clou
Je ne regrette pas sa présence
Je préfère de loin la démence
De mon esprit un peu filou
Qui papillonne sans garde fou
Ce matin le ciel bas
Pour l’petit Nicolas
Jusqu’ici la vie douce
Ho grand jamais la frousse
Seulement aujourd’hui
Un air de tragédie
Après sa tasse de thé
Direction La Santé
Nico est tombé encore bien plus bas que terre
Lui qui fût président, encensait la flicaille
Chante maint’nant en chœur avec ses voisins racailles
« La justice nique sa mère, la justice nique sa mère »
Ce matin le ciel gris
Rime avec Kadhafi
Nico crie « injustice !!! »
Tous ses poils se hérissent
Ce sont ces magistrats
Ces gauchistes scélérats
Qui d’un coup de karcher
Mettent sa vie en jachère
Refrain
Ce matin le ciel triste
Autant qu’un socialiste
Commence le compte à r’bours
Et des nuits et des jours
Cette mise à l’index
Même armé d’une Rolex
Risque d’être un peu longue
Nico à pris ses tongs
Refrain
Ce matin le ciel n’a
Pas éclairé Carla
Souvent elle ira l’voir
Munie de sa guitare
Ou au clair de la lune
Au pied de sa cellule
Lui chantera une aubade
Pour que Nico s’évade.
Refrain
On vous l’a dit sur tout les tons
On trouvera la solution
L’innovation et la cybernétique
Sont les garants d’un futur idyllique
On l’a crié sur tout les toits
Dans le progrès ayez la foi
De tout les animaux c’est nous les plus forts
On pourra même niquer la mort !
Nos ingénieurs ces visionnaires
Font fi des déchets nucléaires
Le petit trou dans la couche d’ozone
Sera bientôt colmaté par des drones
A coup d’atomes dans l’atmosphère
De bactéries qui tout digèrent
Ciao bye bye l’océan de plastique
Plus de réchauffement climatique !
Refrain
Le recyclage perpétuel
N’est qu’une question de becquerel
Trouver de nouvelles sources énergétique
Un jeu d’enfant pour la physique quantique
La recherche de métaux précieux
Ne découragent qu’les culs terreux
Les maladies, virus et la misère…
Dissolus dans le métavers !
Refrain
Les passéistes les réfractaires
Qui prônent un retour à la terre
Ces Amish aveuglés par leurs bougies
Ont la low tech pour seule stratégie
Sus au principe de précaution
Stop à la zadification
Faisons enfin confiance au modernisme
A bas tout les obscurantismes.
Refrain
Si vraiment ça tourne au vinaigre
Que la planète se désintègre
Inutile vraiment de vous alarmer
On a déjà concocté un plan B
Une vie de rêve sur la lune
Pourquoi pas Mars ou bien Neptune
En se baffrant de bouffe lyophilisée
On continuera de chanter
Refrain
On aime les mirages
Les fantaisies frivoles
On aime les herbes folles
La grève la plage
Nos folies se partagent
Toujours plus haut s’envolent
Parfois à coup d’alcool
Quitter la cage.
Sans raison nos folies
Guident nos horizons
La joie des dérisions
Chaque jour nous ravit
Qui a dit me bon sens
Et qui l’absurdité
Jamais l’altérité
Avec vous n’a sa chance
On aime jouer les sauvages
En grande farandole
Les gens sages s’affolent
Crient à l’outrage
Même le libertinage
Nous vaut la camisole
Trois ou quatre torgnoles
Tiennent l’enfant sage
Refrain
La joie dans le saccage
Les bourgeois se désolent
On joue les sales bestioles
Sortir la rage
Jouir du dérapage
Pour mieux quitter le sol
Renoncer aux idoles
N’être pas sage
Sans raison nos folies
Guident nos horizons
La joie des dérisions
Ayez bien l’assurance
Grâce à ces fous tarés
D’être du bon côté
D’la folie d’la démence
Ayez bien l’assurance
Grâce à ces fous tarés
D’être du bon côté
D’la folie d’la démence
D’la folie d’la démence
D’la folie d’la démence
D’la folie d’la démence
D’la folie d’la démence
D’la folie d’la démence
Quand on fait ses premiers pas dans le Maine et Loire
Entouré de curés de saints d’eau de vie de poire
Il n’est pas si fréquent de croiser des homos
Les couples divorcés ne courent pas les bistrots
Pour accéder aux secrets des choses charnelles
On doit se contenter de quelques vieux manuels
Depuis toujours on sait que plaisir est pêché
Personne pour vous avouez qu’en réalité
La sexu-ha-ha-ha-ha alité
N’en déplaise aux culs bénits plein d’moralité
La sexu-ha-ha-ha-ha alité
N’est pas qu’au seul service de la fécondité
La sexu-ha-ha-ha-ha alité
Est avant tout une affaire de complicité
La sexu-ha-ha-ha-ha alité
Pour palpiter !
Il y a tant de façon de s’envoyer en l’air
Pourquoi se contenter du bon vieux missionnaire
Les mains les doigts la bouche pourquoi pas les pieds
Ce que c’est amusant quand tout doit s’inventer
Seul à 2 à 3 ou 15 et dans tout les genres
Dans de simples caresses se cachent des trésors
N’ayez plus peur maintenant oubliez l’obsession
De la sacro-sainte…pénétration
La sexu-ha-ha-ha-ha alité
Loin d’être un sport où montrer sa virilité
La sexu-ha-ha-ha-ha alité
Peut mettre en avant votre générosité
La sexu-ha-ha-ha-ha alité
Enfin une place de choix pour les frivolités
La sexu-ha-ha-ha-ha alité
En liberté !
Les mots pour oser dire…eux aussi proscrits
Désuets anatomiques honteusement impies
Sont autant de barrières pour délier nos langues
Lors que j’aimerais tant te réjouir la mangue
Ne laissons pas les pornographes de l’interchose
Nous dicter les lois du coït jusqu’à l’overdose
Vers la grand extase convolons comme des plume
Soyons créatifs jouissons sans enclume
La sexu-ha-ha-ha-ha alité
Parfois peut faire passer votre morosité
La sexu-ha-ha-ha-ha alité
Pratiquée détendu mène à l’hilarité
La sexu-ha-ha-ha-ha alité
Toute la vie vous garantit prospérité
La sexu-ha-ha-ha-ha alité
Une voie lactée !
Avoir toute sa tête
N’est donné à tous
J’ai beau être un esthète
Ma mémoire s’émousse
Pour le moindre épithète
J’ai besoin d’un Larousse
Ou au moins d’un pense bête
Ça me donnerait la frousse
Juste un oubli
Comme je m’sens bien ici
Est-ce ma faute si
Il y a des courants d’air
Un peu grand dans mon ci-
Boulot moi je galère
Mon fiston l’dit aussi
Depuis que sur une aire
D’autoroute je l’ai lit-
Téral’ment mis au vert
Le genre d’oublie
Qui vous pourrit la vie
Je m’souviens d’nos beaux jours
Connais tant de chansons
Mais malheur sur moi pour-
Quoi j’oublie non de non
Au mois quinze fois par jour
Malgré mon affection
Ton visage mon amour
Et jusqu’à ton prénom ?
Juste un oubli
Qui vous fait perdre crédit
L’autre jour à la fête
Après deux ou trois mousses
L’hôte des lieux m’arrête
Et soudain me courrouce
Oublié que l’Yvette
Que je trouvais si douce
Était la femme de cet
Abruti qui l’dit pouce
Juste un oubli
J’suis une vraie toupie
C’est maintenant trop tard
Pour payer mon ardoise
Je vous le dis sans fard
J’ai été un gros naze
Au lieu de dev’nir star
Talentueux jouer de jazz
J’ai allumé l’pétard
Même si ça sentait le gaz
Ici plus d’oubli
Des bisous du paradis.
Il est passé par ici
Salle Capranie Ondres en 1e partie du groupe « Les goguettes en trio mais à 4 », Festival Musicalarue, le Plateau Luxey, Château de Toulondit Eymoutiers, L’atelier Royère de Vassivière, La petite maison rouge Felletin, La maison sur la place Ambrugeat.
Une question ?
BIENTÔT PRÈS DE
CHEZ VOUS ?




